Depuis le 20 juin 2025, les smartphones et tablettes neufs vendus dans l’Union européenne portent une étiquette énergie, prévue par le règlement délégué (UE) 2023/1669. Elle rassemble sur un même format des informations que les fiches commerciales présentaient chacune à leur façon, quand elles les présentaient. Ce guide explique comment la lire, avec des exemples tirés des modèles de notre catalogue, et ce qu’elle ne dit pas.

Ce que l’étiquette indique, case par case

L’étiquette affiche d’abord une classe d’efficacité énergétique, de A à G. Selon Next, elle reflète le rapport entre la capacité de la batterie et l’autonomie mesurée : c’est une note d’efficacité, pas une note d’autonomie. Vient ensuite l’autonomie par charge complète, exprimée en heures et minutes, mesurée en répétant un cycle d’usage standard (appels, navigation, vidéo, jeux, transferts de données, veille) jusqu’à l’extinction de l’appareil.

Trois autres indicateurs portent sur la durée de vie. L’endurance de la batterie donne le nombre de cycles de charge complets avant que sa capacité descende à 80 % de sa valeur d’origine. La classe de réparabilité, de A à E, tient compte notamment de la documentation et de l’accès aux pièces détachées. La classe de résistance aux chutes, de A à E, repose sur un test répété : la meilleure note correspond à 270 chutes d’un mètre sans dommage pour un smartphone classique.

L’étiquette mentionne enfin l’indice de protection IP contre l’eau et la poussière, et un code QR qui renvoie à la fiche du produit dans la base européenne EPREL. C’est dans cette fiche, plus détaillée, que figurent d’autres informations comme la durée minimale de mises à jour déclarée par le fabricant. Sur chacune de nos fiches modèles, le lien vers la fiche EPREL est indiqué dans les sources quand nous l’avons trouvée.

Autonomie et endurance : les comparer sans se tromper

L’intérêt de l’autonomie affichée sur l’étiquette est d’être mesurée de la même façon pour toutes les marques. Dans notre catalogue, elle va de 37 h pour l’iPhone 16 à 74 h 38 min pour le Motorola Edge 70 Max. Ces chiffres ne correspondent pas à votre journée réelle, plus ou moins intensive, mais l’écart entre deux modèles est fiable : un téléphone affiché à 70 h tiendra nettement plus longtemps qu’un autre affiché à 45 h, quel que soit votre usage.

La classe énergétique ne se lit pas de la même façon. L’iPhone Air est classé A avec 40 h d’autonomie, quand le Pixel 11, classé B, atteint 48 h 50 min : le premier tire très bien parti d’une petite batterie, le second embarque une batterie plus grande. Pour choisir un téléphone qui dure toute la journée, c’est donc l’autonomie en heures qu’il faut regarder, pas la lettre.

L’endurance en cycles complète cette information sur la durée. Le règlement d’écoconception impose au moins 800 cycles en conservant 80 % de la capacité. Les modèles de notre catalogue déclarent tous davantage : 1 000 cycles pour les iPhone, les Pixel, les Xiaomi ou le Fairphone, 1 200 pour les Galaxy S26, le Motorola Edge 70 Max et le Honor Magic V6, et 1 400 pour le Nothing Phone (4b), la valeur la plus élevée que nous ayons relevée. Le classement par endurance est mis à jour automatiquement.

Réparabilité et chutes : deux notes à croiser

La classe de réparabilité est l’indicateur qui distingue le plus les marques entre elles. Dans notre catalogue, seul le Fairphone (Gen. 6+) obtient la classe A. Les Pixel de Google et le Motorola Edge 70 Max sont classés B, et la grande majorité des autres modèles, iPhone et Galaxy compris, sont classés C. Une meilleure classe signifie en principe une réparation plus simple et moins coûteuse, y compris chez un réparateur indépendant.

La résistance aux chutes donne une indication complémentaire : un téléphone qui casse moins aura moins souvent besoin d’être réparé. Les Galaxy S26 sont tous classés A, comme le Pixel 10a et le Pixel 11 ; les iPhone 17 et 18 sont classés B, et l’iPhone 16, plus ancien, C. Pour un usage exposé, un modèle classé A en chutes et B en réparabilité est souvent un meilleur choix qu’un modèle mieux noté sur un seul des deux critères.

Ces notes s’accompagnent d’obligations d’écoconception qui ne figurent pas sur l’étiquette mais s’appliquent aux mêmes appareils. D’après Next, les fabricants doivent rendre les pièces détachées disponibles pendant au moins sept ans, avec une livraison en cinq jours au maximum pendant les cinq premières années, puis en dix jours. L’écran doit résister aux rayures avec une dureté de niveau 4 sur l’échelle de Mohs, et le téléphone doit supporter au moins 45 chutes sans protection.

Ce que l’étiquette ne dit pas

L’étiquette ne dit rien du prix, de la qualité photo ni de la puissance. Elle ne donne pas non plus la durée des mises à jour logicielles, qui figure seulement dans la fiche EPREL sous forme de durée minimale déclarée. Or ce chiffre est souvent inférieur aux engagements commerciaux des marques, et il n’est pas toujours compté à partir de la même date : certaines comptent depuis la sortie du modèle, d’autres depuis la fin de sa commercialisation. Notre guide consacré à la durée des mises à jour fait le point marque par marque.

L’étiquette concerne enfin les appareils neufs. Un smartphone reconditionné ou d’occasion n’a pas à porter de nouvelle étiquette, mais celle du modèle neuf reste consultable dans EPREL : l’autonomie et l’endurance d’origine donnent une idée de ce que la batterie offrait au départ, à comparer avec l’état de batterie annoncé par le vendeur.

Enfin, toutes les étiquettes ne sont pas encore publiées : pour plusieurs modèles de notre catalogue, dont l’Oppo Find X10 Pro Max, le OnePlus 15, le Galaxy Z Flip8 et le Galaxy Z Fold8 Ultra, nous n’avons trouvé aucune fiche EPREL. Les données correspondantes restent vides sur leurs fiches plutôt que d’être estimées. Le détail de notre façon de collecter ces informations est expliqué dans notre méthodologie.